La plongée sous-marine est un sport qui jouit d’une grande popularité et qui est de plus en plus pratiqué dans le monde entier. Avec l’âge moyen des plongeurs qui augmentent ainsi que le problème d’obésité qui est de plus en plus répandu, nombreux seront les plongeurs qui risquent d’être confrontés un jour à un diagnostic de diabète. En plus du choc que peut représenter l’annonce du diagnostic le plongeur se questionnera à savoir s’il doit mettre fin à la pratique de son loisir favori qu’est la plongée sous-marine.

Quels sont les risques liés au diabète?

  • L’hypoglycémie : Les modifications psychiques causées par l’hypoglycémie peuvent rapidement entraîner des réactions retardées et des décisions erronées susceptibles de provoquer une perte de connaissance et d’avoir des conséquences fatales sous l’eau, y compris pour la personne accompagnante. En plongée, plusieurs éléments déclencheurs pour une hypoglycémie peuvent être rencontrés : le froid, l’effort physique dû au courant et aux vagues ou encore les distances à nager en surface pour rejoindre le bateau.
  • Une incidence accrue des maladies cardio-vasculaires : Les plaques d’athérome se développeront plus rapidement chez le sujet diabétique et souvent le premier signe clinique est l’infarctus du myocarde. Une vérification de façon approfondie de la condition cardio-vasculaire est donc nécessaire.

Peut-on plonger si l’on souffre de diabète ?

Testeur de glycémieEn France, jusqu’en Octobre 2004, la plongée sous –marine était strictement interdite aux personnes atteintes de diabète. La raison était le risque d’hypoglycémie en immersion et sa conséquence. Or, il s’agissait d’un risque supposé et non prouvé. La situation évolue alors grâce à des études menées non seulement en France (Golfe Juan 2003) mais aussi dans le reste du monde, Diver Alert Network (DAN) ou encore British Sub Aqua Confédération (BSAC), montrant que les diabétiques n’ont pas plus d’accidents de plongée que les non diabétiques, en d’autres termes, qu’il n’y a pas de sur risque lié au diabète.

La Fédération Française de plongée (FFESSM) lève son interdiction et permet l’accès à la plongée sous-marine sous réserve de certaines restrictions. Ces résultats ont permis la mise en place d’un référentiel international publiant un protocole de conditions de mise à l’eau pour les plongeurs diabétiques. L’objectif est de pouvoir pratiquer le sport que l’on souhaite avec la plus grande sécurité possible.

« Diabétique de type 1 depuis 1982, j’ai découvert la plongée avec mon épouse lors d’un voyage en Thaïlande en 2011. Un baptême de plongée à Koh Phi Phi et nous avons attrapé le virus et fini sur place la formation Scuba Diver.

Le signe de communication de Matt en cas d’hypoglycémie, L pour « low sugar »

Le signe de communication de Matt en cas d’hypoglycémie, L pour « low sugar »

De retour en Suisse, je me suis renseigné à propos des contre-indications de plongée pour les personnes diabétiques. J’ai trouvé un protocole de contrôle de glycémie pré-plongée et après discussion avec mon diabétologue, j’ai poursuivi ma formation et suis aujourd’hui Rescue Diver avec 3 certifications supplémentaires (profonde, combi étanche et nitrox).

En 2014, je suis allé faire ma première croisière de 4 jours en Thaïlande sur le MV Hallelujah. J’étais anxieux de savoir comment se passerait 4 jours de plongée intensive avec mon diabète. Les doutes ont été vite dissipés en contrôlant bien ma glycémie avant et après les plongées. Le suivi du protocole pré-plongée a fait que je n’ai jamais eu de problème d’hypoglycémie lors de mes plongées. J’ai dans mon stab deux petits tubes de lait concentré sucré qui me permettent de me ressucrer au cas où ce serait nécessaire. Ça a été testé à 30 mètres de profondeur et c’est possible. J’ai encore fait deux croisières de plongée en 2015 et 2016 avec autant de plaisir.

Avec mon épouse, mon buddy, nous avons convenu du signe L (low sugar) sur le front avec le pouce et l’index pour lui indiquer une hypoglycémie. Vive la plongée! »

Marc Matthey-Suisse

Protocole de mise à l’eau

Une adaptation des doses d’insuline est nécessaire avec une baisse de 30 % des doses la veille de la plongée (base) ainsi que le jour de la plongée (base et bolus) suivie par 3 glycémies capillaires à T-60, T-30 et T-15 minutes. L’objectif glycémique de mise à l’eau recherché est > 2g.

  • T-60 min
  • T-30 min
  • T-15 min
  • Glycémie<1,6g : prendre 30g de glucides Glycémie entre 1,6 et 2g : prendre 15g de glucides Glycémie >2g : attendre le contrôle à T-30
  • Glycémie<1,6g : prendre 30g de glucides Glycémie entre 1,6 et 2g : prendre 15g de glucides Glycémie >2g : attendre le contrôle à T-15
  • Glycémie<1,6g : STOP, annulez votre plongée Glycémie entre 1,6 et 2g : prendre 15g de glucides et mise à l’eau Glycémie >2g : mise à l’eau

L’effet hypoglycémiant dû à l’exercice physique peut aller jusqu’à 24 heures, une surveillance post-plongée est donc nécessaire.

Sensation d’hypoglycémie en cours de plongée

  • Faire le signe «ça ne va pas» ou un signe préétabli au préalable.Plongeur faisant le signe ok
  • Remontée immédiate suivant les procédures habituelles.
  • Resucrage dès que possible et retour au bateau.

Conseils pour plonger avec du diabète :

  • 2 plongées par jour.
  • Une profondeur de 30 mètres maximum.
  • Rester dans la courbe de sécurité.
  • Pas de plongée en cas de température inferieure a 14°C.

En conclusion, Un diagnostic de diabète ne signifie pas nécessairement la fin de la pratique de ce sport. Il faut être toutefois conscient que cette condition médicale comporte des implications particulières et qu’il est impératif que ce dernier soit évalué de façon méticuleuse par son médecin. Les temps changent, amis diabétiques, jetez-vous à l’eau !